Important French painting, with good pedigree, showing a dentist at home and receiving patient, c. 1740s’

Important French painting, with good pedigree, showing a dentist at home and receiving patient, c. 1740s’

€22,500

Circa

late 1740s'

Country of manufacture

France

Categories: Bookshop, Medicine, Medical Books, Dentistry, Other Medical Antiques

Description

Below a French and long description.

 

LEFEBVRE ou LEFEBURE (Ecole française du XVIIIe siècle).
La visite chez le dentiste.
Ca 1740
Huile sur toile, signée « Lefebvre pinxit » dans le cartouche de l’horloge. 81 x 101 cm.
Expositions :
– Musée Carnavalet, Paris. « La vie parisienne au XVIIIe siècle ». 1928. N° 69. Collection Paul Cailleux.
– Musée d’Art Moderne, Paris. Rétrospective de la ville de Paris. 1937.
– Musée Galliera, Paris. « Le costume d’autrefois ». 1938. N° 336.
– Galerie Charpentier, Paris. La vie familiale scènes et portraits. 1944.
– Musée Galliera, Paris. « La chirurgie dans l’art ». 1951.
– Couvent des Cordeliers, Paris. « Des dents et des hommes ». 1992-1993. N° 97.
Ce tableau dépeint une scène d’intérieur très rare dans la peinture de genre du XVIIIe siècle. On y voit un dentiste ou barbier assisté d’un aide ou d’un domestique, finissant d’examiner ou d’opérer un homme de la bonne société, entouré de deux femmes, la plus jeune se levant juste de sa chaise, la plus mûre assise et affairée à des travaux d’aiguille. La scène a lieu dans un salon au parquet Versailles et à la riche décoration de style rocaille – boiseries dorées, tentures pourpres moirées, dessus-de-porte allégoriques, grand miroir encadré de flambeaux surplombant une cheminée – caractéristiques d’un hôtel particulier parisien des années 1730-1750. La porte de droite ouvre sur une petite scène secondaire : on y aperçoit un homme âgé coiffé à la mode du siècle de Louis XIV cherchant à consoler ou calmer une jeune femme éplorée ou apeurée qui semble attendre son tour. L’action secondaire, ainsi que le tricorne noir à galon doré assorti au costume du patient, posé avec une épée sur la chaise à droite, le chien allongé paraissant attendre son maître, sont autant d’éléments qui laissent à penser que nous sommes chez le médecin, et que c’est le patient qui s’est déplacé pour sa consultation.
La scène prête à confusion : est-on en présence d’un dentiste ou d’un chirurgien-barbier ? La petite scène en arrière-plan oriente l’interprétation vers une visite chez le dentiste. Par ailleurs, si les accessoires identifiables de son art ont disparu, la position des protagonistes est rigoureusement identique à celle pratiquée de nos jours pour une extraction dentaire : le dentiste derrière son patient, le patient assis et l’aide qui tient un récipient et un linge.
L’œuvre est particulièrement remarquable à deux titres. D’une part, elle marque une évolution radicale dans la représentation traditionnelle des dentistes à travers l’histoire de l’art. Il ne s’agit plus ici d’une scène de foire ou de cabaret dans laquelle le dentiste ou le chirurgien passe le plus souvent pour un charlatan. Le dentiste reçoit chez lui et apparaît habillé comme un riche bourgeois, portant perruque.
D’autre part, elle donne à voir, de manière réaliste, une mutation majeure dans la pratique médicale, notamment dans la posture du dentiste. En effet, pour pratiquer un acte chirurgical, jusqu’alors le praticien opérait avec le patient à terre pour bénéficier d’un effet de levier. Ici, il se tient dans une position que l’on dit « à midi », qui lui permet d’avoir une vue complète de la bouche de son patient, posture académique toujours actuelle dans l’exercice du chirurgien-dentiste. Ce tableau est du reste décrit dans de nombreux ouvrages sur l’histoire de l’art dentaire (cf. Armelle & Pierre Baron, L’art dentaire à travers la peinture, 1986, p. 191 ; Roger King, The history of dentistry : technique and demand, 1997, p. 10 ; Christine Hillam, Dental practice in Europe at the end of the 18th century, 2016, p. 39, fig. 1.1 ; Roger King, The making of the dentiste, c. 1650-1760, 2017, n° 6.2).
Cette représentation réaliste de l’exercice du dentiste, la minutie du traitement des détails du décor et des costumes, la personnalisation des traits des personnages, permettent d’imaginer qu’il pourrait s’agir du portrait d’un praticien connu évoluant parmi l’aristocratie et la haute bourgeoisie parisienne, comme Robert Bunon, Claude Mouton, Jean-François Capperon ou encore Louis L’Ecluse. On ne connaît pas de portraits de Jean-François Capperon (1695-1760) mais il est plausible qu’il soit le dentiste représenté dans ce tableau, de par son âge, son statut social, sa notoriété : né dans la bourgeoisie commerçante parisienne, il devint rapidement expert-dentiste et fut pourvu des charges de chirurgien et de premier opérateur du roi. Louis XV le couvrit de marques de faveur (brevets, gratifications, dons de terrains à Paris et Versailles…) avant de l’anoblir en décembre 1745. Outre le roi et la reine, Capperon compta au nombre de ses pratiques le Dauphin et son fils le duc de Bourgogne ; attaché à la Maison de Pierre-Charles de Lorraine, il fut encore dentiste de l’Ecole Militaire (cf. Thierry Debussy, “Jean-François Capperon, le bourgeois-gentilhomme de l’art dentaire”, Actes de la Société française d’histoire de l’art dentaire, 2020, 30).
L’œuvre est parfois attribuée au peintre Nicolas Lefebvre (1669-après 1731), bien que la signature ne comporte aucun prénom ni initiale. Ce dernier fut élève à l’Académie royale de peinture à la fin des années 1680, reçu à l’académie de Saint-Luc à Paris en 1691 et élu garde-juré de la communauté des peintres-sculpteurs en 1718. Si Nicolas Lefebvre a bien peint quelques portraits, la production de sa fin de carrière est constituée majoritairement de grands retables religieux, tels ceux destinés à la mission des Deux-Montagnes en Nouvelle-France. En effet, il s’était retiré en 1731 à la maison des Sulpiciens de Paris pour y finir ses jours. Il semble donc assez peu probable, tant d’un point de vue du style que de celui de la chronologie, que l’auteur de notre tableau soit Nicolas Lefebvre.
Or, Lefevre, Lefebvre ou Lefebure, selon la graphie adoptée, est le nom d’une douzaine de maîtres au XVIIIe siècle, ce qui rend les attributions ni simples, ni sûres. Nous pensons qu’il pourrait plutôt s’agir de Jean-Baptiste Lefèvre (avant 1719-après 1780). Fils d’un directeur de l’académie de Saint-Luc, lui-même reçu membre en 1751 et nommé professeur en 1769, il reçut plusieurs commandes pour Versailles dès 1741 et acquit une certaine notoriété dans le genre du portrait.
Installé quai Pelletier, à l’enseigne « À la couronne d’or », l’artiste travaillait pour les cercles parisiens, tels celui de Monsieur de Rozeville, avocat au Parlement. Mentionné au Salon entre 1753 et 1774, Jean-Baptiste Lefèvre était fréquemment appelé au Châtelet dans le cadre de procès pour donner son expertise sur des peintures à l’huile, pastels et miniatures. Le portrait qu’il réalisa en 1747 de Marie-Thérèse Bouchardon, vendu aux enchères à Drouot en septembre 2021, présente des similitudes dans le style et le traitement du visage et des vêtements. Par ailleurs, l’historien de l’art Neil Jeffares explique que Jean-Baptiste Lefèvre aimait faire poser ses modèles dans un intérieur et que, à l’huile comme au pastel, il portait une attention particulière à leur vêture (Dictionary of pastellists before 1800, http://www.pastellists.com/articles/lefevrejb.pdf).

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